ADIEU CLAUDE
Claude, mon frère, c'est donc moi qui ai le redoutable privilège d'évoquer le premier ta mémoire et de te dire adieu pour la dernière fois au nom d'une grande partie de tes amis. Claude Astier est né le 6/01/1947, nous sommes nés le même jour, le jour des rois, sujet à de fameux jeux de mots, mais bien entendu, ce n'est pas la même année ! Puis ce fut les Beaux Arts à Lyon. Il en sortit brillamment et commença de travailler immédiatement dans une entreprise d'aménagement de magasins, mobilier, moquettes, les Ets Perraud à Tournon. Dans une province alors très « France profonde », ses idées novatrices choquaient aussi quelques fois. Jusqu'en 1979, nous nous sommes côtoyés tous les jours et nous avons eu de grandes complicités. Sa sensibilité post 68 d'alors faisait qu'il me suivait dans les collages des affiches pour le parti socialiste. Les opérations étaient quelques fois mouvementées avec des nerveux montés de Marseille ou même avec des colleurs locaux de la sensibilité Algérie Française, mais finalement même si cela se passait avec passion, cela se terminait bien et c'était l'occasion de franches rigolades. Claude était un homme de cœur, sensible, humain, même si par pudeur, il cachait ses sentiments par peur qu'on les assimile à des faiblesses. Le 13/03/83, il sera initié apprenti, le 27/04/84 compagnon et enfin il obtiendra la plénitude de ses droits maçonniques par l'obtention du grade de Maître le 24/02/89. Bien que travaillant à Bonneville, Sallanches où il fréquentait les ateliers locaux, il revenait souvent se ressourcer dans sa loge mère. D'autres amis vont maintenant évoquer sa réussite professionnelle de même que son épanouissement dans la création artistique où il s'est accompli suivant le choix qu'il a fait heureusement très tôt, mais je voudrais te dire Cathy et vous tous ses enfants et petits enfants et proches que nous serons toujours là pour être près de vous afin de vous aider à conserver vivante la mémoire de Claude. C'est la chance qu'ont les créateurs tels que Claude de pouvoir par leurs œuvres dominer la force du temps qui par l'inertie de l'oubli détruit tout. Vous tous, et principalement ses petits enfants, qu'il a marqués de son empreinte malgré le peu de temps qu'il les a côtoyés, vous saurez vous guider sur l'exemple de sa vie. En regardant ses tableaux dans les moments de doute, d'incertitude, de faiblesse, grâce à la luminosité de ses œuvres, la vérité des instantanés de vie qui s'y expriment, nous saurons que l'homme est capable du meilleur, et c'est en ce meilleur que l'on doit croire et que l'on doit tendre. Claude, il faut pourtant se séparer, nous qui avons été si souvent ensemble en des moments de joie partagée et de communion spirituelle. Gémissons Gémissons Gémissons Jacques
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Claude, Ne t'énerve pas, tu ne vas pas être content, mais ce matin tu me donnes envie de croire en Dieu. Aujourd'hui, en bas, tout le monde est là. Inouï, Surréaliste, m'a dit une de tes chères protégées. Tu aurais été un bon professeur pour m'apprendre à être grand père. Tu m'avais assuré t'y être rapidement mis et avec délectation, et je veux bien le croire quand je me souviens comment tu a réveillé le monde, toutes affaires cessantes, pour les naissances. Et J'ai envié les regards que tu échangeais avec les garçons et ta petite princesse. Claude, ne te fâche pas, d'accord, c'est entendu, on va continuer à vivre, à cuisiner, à faire des projets, à recevoir du monde, à élever les enfants, tes petits enfants. Mais tes couleurs, tes camions déchirés qu'on entendait rien qu'à les voir, tes grosses, tes maigres, tes bistrots, tes villages, tes golfeurs, ils vont faire quoi ? et tes nounours, tu y a pensé à tes nounours ?
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La mort n'est rien. Frederico Garcia Lorca Texte dit par Marie-Hélène et Angéla
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Claude, La première fois que je t'ai rencontré, je me suis dis : « Oulala, il a pasl'air commode celui là. Et puis, rapidement, j'ai découvert que derrière cette dure carapace se cachait un homme gentil, sensible, avec un cœur énorme, toujours dévoué aux autres et parce que tu m'as laissé découvrir ta vrai personnalité, une relation de confiance et de proche complicité s'est établie entre nous. Avec nos dix jours d'écart et quelques années on s'est découvert de nombreux points communs mais aussi des traits de caractère semblables. Comme moi tu pouvais être aussi casse couille que charmant, j'adorais lorsque tu te braquais contre quelqu'un et que tu ne lui adressais pas la parole, j'adorais tes coups de gueule ou tes colère qui me faisaient rire, tu le savais bien d'ailleurs. Tu étais toujours celui qui disait « Oui » à toutes mes idées saugrenues, que ce soit pour débarrasser un hôtel ; aller passer la journée dans des bains bouillonnants, peindre ma salle de bain ou aller se faire une bonne bouffe, avec Cathy tu étais là, toujours là. Si pour d'autres tu as été un bon père, un bon frangin, un bon ami, pour moi tu auras été et tu resteras l'ensemble de tout ça, un guide peut-être. Tu m'as ouvert les yeux sur le monde, donné ton avis sur les choses, tu m'as aidé à mûrir, à évoluer là où mon père a échoué. On parlait beaucoup tous les deux, on parlait souvent, on parlait de tout, sans tabous mais il y a une chose que je n'ai pas eu le temps de te dire Claude, c'est merci, merci de m'avoir offert ton amitié, ton affection, ton soutien qui m'ont procuré tant de joies, de bonheur et de réconfort.
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[…] Claude avait une passion, presque une maîtresse : la peinture […] Les artistes ont cet avantage que leurs œuvres leur survivent et c'est vrai que chacun d'entre nous a, chez lui, accroché à un mur un souvenir de Claude Astier. Je pense que cela durera longtemps. Aujourd'hui le monde entier connaît Léonard de Vinci, mais ignore tout de François Premier ou du Pape de l'époque qui devait être un Médicis […] Claude restera dans les esprits pendant longtemps, c'est l'avantage de l'art sur l'économie ou la politique. Les artistes sont comme les diamants : ETERNELS. Pierre
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[…] Je veux te dire Claude que nous t'aimions Toi qui savait
cacher sous des airs un peu bourrus ta grande sensibilité et ton immense
générosité, et que tu restera à tout jamais dans nos mémoires et dans nos
coeurs. Roger
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Au revoir Claude, Claude tu es parti trop tôt, je suis inconsolable. J'espère que tu veilleras sur moi de là haut. Je t'aime très fort Claude et ne t'oublierai jamais. Marion
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Histoire d'Amour Les taches blanches du cerisier, sur la montagne sont aussi uniques qu'un jeune bédouin Lorette
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Chers amis et pour certains chers frères L'amitié c'est comme l'amour, et nous avons établi ensemble un curieux dialogue, celui de deux introvertis timides et réservés lui cachant sous son air bourru sa sensibilité, et moi masquant le tout sous une grande volubilité. Comme j'appréciais et j'admirais son accomplissement et que je lui disais souvent « tu sais tu as de la chance d'accomplir ton rêve » je m'attirais invariablement cette réponse « claudienne » déconnes pas. Non, je ne deconnais pas moi qui excellais dans rien « a part le travail » je regardais avec envie Claude s'épanouir année après année avec l'évolution de son art et de ses surprises permanentes Tout était source de nouveautés, nous avions partagés quelques moments forts au Niger, et il avait participé a la mise en culture des jardins de Tidenne ; avec quel bonheur il arpentait les plantations ; toute une série de tableaux suivirent. Un weekend à Varsovie pour visiter Angela Vincent et les enfants, la visite d'une collection merveilleuse de peintures clandestines du temps de l'occupation de l'URSS, gardé avec passion par un résistant de l'époque Pour Claude les choses étaient simples en amitié, dans la vie le courant passe ou ne passe pas « pas de compromis » pour rien !! Nous partagions également le sentiment de ne pas avoir consacré suffisamment de temps à nos enfants dans cette dure époque de construction de nos vies et l'envie de mettre a l'abri du besoin nos familles Sa manière de faire ou d'expier « cette faute » que je connais bien consistait « mine de rien » a s'inquiéter de tout pour ses enfants de les surprotéger c'était sa manière « de compenser » et le lui faisait particulièrement bien avec ses petits enfants. Il était fier de ses fils et de ses belles filles fier de la performance de Marie Helene et de Nicolas qui a leur manière vivait leur rêve et admiratif « de l'énergie » déployée pour la réussite de leur gite. Idem pour Angela et Vincent qui acceptait pour la réussite professionnelle de Vincent une vie « mondialisée » Comme il aimait ses belles filles et petits enfants Mais voila c'est décidé, nous allons dorénavant parler de Claude au present, il est présent chez nous par ses œuvres et hier matin, je regardais une œuvre qu'il m'avait dédié(les inities comprendront) un hamburger façon Claude, deux tranches de pain avec un festival claudien entre les pains) Demain, je serais dans l'ile de la réunion ou il a accepté de décorer un restaurant très populaire dans l'ile et c'est sans doute ses tableaux les plus visites plus de cinq cent mille visiteurs par an Claude tu restes bien présent Pour les gens comme nous, la manière de nous perpétuer c'est la trace que nous laissons Claude ce matin entouré de tes proches tu peux être certain de la trace que tu as laissé ; nous avons pleuré sans retenu car nous savons bien que quelque chose s'est brisé, mais en même temps tu peux avoir l'assurance par tes enfants et petits enfants et amis que tu survivras Nous t'aimons Claude Michel
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A notre ami Claude
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Les portes Poème de Mohammed Ali Chemseddin lu par Benoît
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Claude est mort heureux. Il faut s'en convaincre. Il est rare d'avoir deux vies aussi différentes que les siennes. Il est rare d'avoir pu choisir la vie rêvée et mise entre les parenthèses des affaires et du tumulte et de la vivre enfin ; de la vivre pleinement, de rattraper ce qui était sans doute pour lui le retard, alors que pour la plupart d'entre nous cela aurait pu s'appeler la consécration. Il a tranché et choisi, dans la sagesse et l'exaltation, de peindre, après avoir assuré ses arrières et surtout ceux de sa famille….Ne pas faire de ceux qu'il aimait les victimes d'un choix qui aurait pu leur paraître hasardeux. Alors quand Claude est devenu peintre – ou plutôt l'est redevenu (on ne s'embarque pas aux Beaux - Arts par manque d'imagination) – ce fut avec la frénésie contrôlée de celui qui sait qu'il n'y a plus de temps à perdre. C'était un touche à tout brillant qui, en quelques années, a tout tenté dans son art. Il eut plusieurs époques, plusieurs styles, dans un travail diversifié. Illustrateur hors pair, à l'écriture protéiforme, tiraillé entre des expériences opposées, voulant réussir tout et tout de suite, dans un atelier éclaboussé par la violence sereine de la couleur, je l'ai vu douter et s'interroger, refuser la facilité, aller au-delà de ce qu'il savait si bien faire. C'est pour ça que Claude était un vrai peintre. Il connaissait également, aimait et respectait la peinture des autres qu'il collectionnait avec goût et avidité. Il y avait un univers Astier. Il y avait une couleur Astier. Et il maîtrisait le dessin qu'il pratiquait avec un dilettantisme probe et élégant qui aurait fait le bonheur de bien des agences de publicité, mais il ne voulait pas être catalogué aussi facilement. Il était en recherche permanente. Je suis persuadé qu'il n'aurait pas fini de nous étonner. Mais ce que nous devons retenir de lui, ici, aujourd'hui, c'est que la vie d'un homme ne vaut que par la passion qu'il y met pour réaliser ses rêves. Quand Claude est hospitalisé pour subir cette opération qui devait le sauver et qui l'emportera, il dit au médecin que, quoi qu'il lui arrive (sombre prémonition , la seule chose qu'il souhaite préserver ce sont ses yeux. Pour peindre, a-t-il dit. Il restera vos yeux, à vous tous qui l'avez aimé, pour le voir à travers l'œuvre qu'il laisse et l'imaginer dans son atelier au milieu de ces villes imaginaires et dressées, de ces déserts traversés par des camions charriant toute la misère bariolée du monde, de ces personnages improbables et joyeux, de ces immeubles ravagés, de ces foisonnements d'enseignes et de néons, de ce monde laid et beau rempli d'enfants rois …Il nous restera tout cela pour ne jamais l'oublier. Et puis, Claude, permets de dire à celui qui découvre ce cimetière au pied de ce que beaucoup – et c'est mon cas – considère comme la colline éternelle du vin, que ce lieu te va bien. Ce lieu à faire pâlir d'envie tous les gisants du cimetière marin de Valéry….Ce lieu d'où tu vas pouvoir faire la nique à tous les empêcheurs de fumer le cigare…..Ce lieu où tu tiens, en quelque sorte et pour l'éternité, ta revanche. Adieu Peintre. Tu seras bien . Jean-Claude Fert
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Cette peinture que j'ai réalisé pour rendre hommage à Claude.Elle représente nos deux personnages se balladant dans l'univers des peintures de Claude. C'est certainement le genre de travaux que nous aurions du réaliser pour l'exposition en commun. Mais c'est surtout pour montrer le très grand accueil dans son univers artistique dont il m'a fait part, et ce malgré une différence d'âge (quasi la même que ses fils) nous nous entendions parfaitement. |